Sortie 2011 : de Brou à Châtillon

Ce matin 8 h devant la mairie, il fait un peu frisquet mais tous les participants sont là, nous sommes dix-huit et départ pour Bourg-en-bresse, la première visite : le monastère royal de Brou. En arrivant nous sommes déjà séduits et admiratifs devant cette église imposante, aux tuiles vernissées qui scintillent et par sa façade gothique flamboyant décorée avec finesse ;St André est là avec sa croix au-dessus du porche nous rappelant qu’il est le Patron de la Bourgogne.

À l’entrée, notre guide  ‘’ Jean-Luc ‘’ nous attend ; nous le suivons en pénétrant dans le premier cloître pour accéder à l’intérieur de l’église où devant une grande maquette il nous raconte et nous conte fort bien une page d’histoire. En effet nous ne pouvons pas comprendre Brou sans quelques notions historiques.

Marguerite d’Autriche, née en 1480, est la fille de Maximilien 1er de Habsbourg, le futur Empereur du Saint Empire Romain Germanique, et de Marie de Bourgogne, la fille unique de Charles le Téméraire qui lui avait apporté le Duché de Bourgogne.

À trois ans elle est promise au futur Roi de France Charles VIII, elle est envoyée à Amboise pour se préparer à son rôle de Reine. Mais au bout de sept ans l’accord est rompu ; elle retourne en Flandres et pour des raisons politiques,  se marie cette fois avec Don Juan, Prince de Castille. Hélas Don Juan, de santé fragile, meurt l’année suivante en la laissant mère d’une petite fille qui décède très vite. Elle ne reste pas longtemps veuve car son père Maximilien, pour des raisons stratégiques lui fait épouser Philibert Le Beau, Duc de Savoie en 1501.

Ce mariage arrangé sera un mariage d’amour entre ces deux jeunes et beaux princes. Hélas une fois de plus le sort s’acharne sur Marguerite. En septembre 1504 à la suite d’une partie de chasse dont il était très amateur, Philibert meurt, suite à un refroidissement, au Château de Pont-D’Ain. Marguerite D’Autriche est à nouveau veuve et malgré son envie de se retirer de la vie publique est nommée Gouvernante et Régente des Pays-Bas, car son frère Philippe Le Beau, meurt en 1506 ; elle devient donc Tutrice du futur Charles-Quint.

Quel destin !!!! mais aussi quelle énergie et quelle force pour poursuivre et entreprendre. En 1506 avant de quitter Le Duché de Savoie pour retourner en Flandres, elle décide de construire le Prieuré de Brou et son Eglise afin d’abriter les sépultures de son mari, Philibert Le Beau,  de sa belle-mère Marguerite de Bourbon et …..la sienne, plus tard.

Après l’Histoire enfin le Monument ! Ce magnifique ouvrage gothique flamboyant fut réalisé entre 1506 et 1532 ; si Marguerite vit le début des travaux elle quitta la Bresse en 1507 et c’est de Malines qu’elle suivit le chantier. Son architecte Van Boghem, un flamand bien sûr, faisait deux fois par an le voyage à Malines. C’est elle qui ordonnait les moindres détails et l’ensemble jouit d’une grande unité de composition.

Le chantier débute par le monastère , qui se compose de trois cloîtres, fait unique en France, qui seront occupés par les Augustins de Lombardie. Dans le premier cloître plus petit, se trouvent les appartements de Marguerite d’Autriche. Elle n’aura pas l’occasion de les occuper souvent !! En six ans le monastère était terminé et le chantier de l’église dura vingt ans.

En pénétrant on est frappé par la lumière et la simplicité de la nef : des croisées d’ogives sans fioritures, de grandes fenêtres sans vitraux mais dès que l’on aperçoit le jubé de style gothique flamboyant, richement sculpté, surmonté de statues, on désire aller plus loin ; en franchissant ce jubé qui n’était là en fait que pour permettre un passage supérieur pour Marguerite D’Autriche, on est ébloui par l’abondance de sculptures, par les tombeaux, les stalles, au nombre de soixante-quatorze, les vitraux colorés…

Au centre le tombeau de Philibert Le Beau, en marbre blanc de Carare, à droite le tombeau de Marguerite de Bourbon,  placé en enfeu dans le mur de clôture et à gauche le tombeau de Marguerite d’Autriche : ces gisants sont en costume d’apparat et l’on voit la tête de Philibert tourné du côté de Marguerite : très émouvant ! Et que dire du retable de la chapelle de Marguerite ! des scènes de la vie de la Vierge sont racontées par des dizaines de sculptures au milieu de dentelle de marbre….

Et les stalles sont aussi une merveille de Brou : c’est un huchier de Bourg qui les réalisa en deux ans : les miséricordes, pas une n’est la même…

Il faut lire sur de nombreux frontons, autour des cintres la devise de Marguerite d’Autriche : FORTUNE   INFORTUNE   FORT   UNE. Et c’est bien sa vie qui s’écrit ainsi !

Ce joyau d’architecture a franchi cinq siècles, dont la Révolution grâce à Thomas Riboud qui sut le sauvegarder. Nous repartons en regardant l’heure se dessiner au sol, sur le parvis de l’église grâce au cadran solaire géant .

Direction Châtillon-sur-Chalaronne à l’Auberge de Montessuy où nous déjeunons ; située à l’extérieur de Chatillon, dans un cadre agréable, nous dégustons un excellent menu, copieux et bien présenté. L’horaire est à peu près respecté et nous sommes à l’Office du tourisme à 14h 30 environ ; le guide nous attend et commence la visite par un peu d’histoire aussi ( nettement moins brillant que celui de Brou ! ).

La Dombes, en terme géographique, est le prolongement de la plaine de Bresse. La limite est assez vague. La Veyle peut être considerée comme formant la séparation. En terme politique, la Dombes a été jusqu’en 1762 une Principauté indépendante avec Trévoux comme capitale.

Notre guide nous conduit directement à l’église St André ( le Patron de la Bourgogne ! ) où Sœur Thérèse nous fait une véritable catéchèse en nous décrivant cette église du XIIIème à l’origine, construite en carrons, agrandie  au cours des siècles, ne possédant qu’une large nef qui abrite treize chapelles latérales.

Avec foi et enthousiasme elle nous montre l’imbrication de la vie et de la religion avec les décors des chapelles qui représentent les différentes corporations de l’époque et sur les clés de voûte et sur les culots d’ogives. Les vitraux de la nef rappellent les oeuvres marquantes de St Vincent de Paul  qui ne resta que six mois à Chatillon en 1617 mais qui fonda l’ordre des Dames de la Charité au service des pauvres et des malades : congrégation encore répandue dans le monde.


Nous l’aurions écoutée encore longtemps mais notre guide veut nous montrer le Château ou plutôt ses ruines, érigé au XIèmè siècle et qui est à l’origine de Chatillon, puis les Halles de grandes dimensions avec une charpente datant de sa construction en 1440 et les maisons à colombages, la Porte de Villars, la seule qui demeure…

Il nous parle de natifs célèbres tel que Philibert Commerson naturaliste qui accompagna Bougainville dans son expédition autour du monde au milieu du XVIIIème... Notre seul regret sera de ne pas avoir vu le fameux tryptique La Lamentation : il n’était plus à l’exposition de Brou et pas encore revenu à sa place d’origine !!!!

Très rapide tour dans le musée des traditions et chacun reprend sa voiture. Cette riche journée nous a rappelé que Cailloux fit partie du Duché de Savoie, les Croix de Savoie incrustées sur le clocher au XVème siècle, en témoignent et que Cailloux est situé à la porte de La Dombes.

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